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26.06.2007

Anonymes est édité...

 Anonymes

Complicité...

Anonymes, c’est aussi le fruit d’une nouvelle collaboration avec mon amie, l’artiste peintre Laurence Burvenich qui signe la superbe illustration de couverture avec un tableau qu’elle a peint lors d’un tout récent périple en Bulgarie. Sur un matériau sauvage, malmené par le temps, elle a peint et moucheté à la feuille d’or (à la façon des icônes), le portrait d’un Bulgare anonyme. Le support (peut-être le battant d’un vieux volet) est accidenté, irrégulier, patiné, détérioré, troué de charnières, suturé et une espèce de clé, scellée dans la partie basse du panneau, pend énigmatiquement. Cette étonnante et puissante composition, cette réalisation pratiquement paradoxale, sert remarquablement l’esprit de l’œuvre. Cette nouvelle aventure commune entre Laurence et moi perpétue une amitié, une véritable entente et une déjà longue complicité artistique.

Denys-Louis Colaux

 

ANONYMES
(extrait du recueil de nouvelles ) Elle gravissait, peut-être voluptueusement, l’escalier qui les menait vers l’appartement où elle venait de s’établir, à un jet de pierre des étoiles. Sans qu’il songeât à s’extraire de la contemplation ravie du lent balancement des hanches de la femme, il s’interrogeait avec une tremblante gravité, comme un Copernic cherchant à placer Dieu au centre de son hypothèse sur le mouvement des planètes, sur la nature des pensées que, durant son assomption, la femme pouvait former. Elle n’en laissait rien paraître et chantonnait à bouche presque fermée une comptine étrange qu’elle semblait improviser et dont l’inintelligible et agréable friselis troublait le silence ému de la cage d’escalier. Par ce fredonnement à peine audible, si discret, si inédit, si ténu, il se demanda, insoucieux de la vraisemblable ingénuité d’une telle disposition d’esprit, si elle ne lui faisait pas entendre le ronronnement de son âme. Et ces sottises passionnelles dont il se repaissait, plutôt que d’édulcorer son émotion, en accentuaient les parfums et les couleurs. Il nageait dans l’eau aromatisée et vivante de sa béatitude, il infusait en elle. © Denys-Louis Colaux, 2007

Anonymes...

Don Quichotte est un possible de Sancho Pança comme le valet l’est de son maître. C’est alentour de cette hypothèse carnavalesque que sont écrites les nouvelles de ce recueil. Vingt-huit nouvelles qui, chacune, suscitent leur double où le même épisode est repris mais selon un autre éclairage qui en révèle une face ignorée, une phase antérieure ou une lointaine variation. Ce second tour de piste rappelle qu’entre l’héroïsme et la bouffonnerie la distinction est souvent indécidable, aussi indécise et capricieuse que, en nous, la trame de l’oubli et de la mémoire.
Cet exercice de dédoublement ose le pari de transgresser le code de la nouvelle, « cet art de la clôture ». Pari tenu : la maîtrise narrative est étonnante et ce, sans jamais donner l’impression d’un exercice oulipien. Il faut dire que les moments ici brossés le sont avec ce mélange de drôlerie et d’amertume qui est la signature de la vraie tendresse, celle qui ne se dupe ni ne condamne.René BOHET

Sans titre
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12:36 Écrit par Burvenich-Colaux dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

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